La perception auditive génératrice de sens, une base de problématique

En corrélation directe avec cette notion de plasticité sonore, mes réalisations expérimentent cette relation entre la perception auditive et le pendant la perception visuelle. En sculptant le sonore, je travaille sur sa faculté à orienter nos perceptions visuelles. J’explore ce rapport sensoriel entre ouïe et vue et les impacts engendrés au niveau du sens même de l’œuvre. Comment un espace sonore parvient à orienter une perception sensorielle et sémantique d’une matière visuelle ?

A travers l’écoute le spectateur/auditeur accède au propos de la création audiovisuelle. L’adjectif audiovisuel est, dans ce cadre, un terme définissant le caractère plastique des créations, à savoir des projets artistiques joignant le son et l’image, le visuel. Ainsi, je réalise des productions audiovisuelles où les matières sonores engagent un champ sémantique nouveau qui vient se greffer sur la perception des matières dites visuelles. C’est par et grâce à l’écoute que l’on accède au propos de la production. Il est donc question dans mes recherches de mettre en scène le sonore en rapport avec le visuel pour ainsi démontrer la puissance de la perception auditive dans l’expérience esthétique d’une œuvre. J’explore la capacité des matériaux sonores à modeler le propos d’une production visuelle, ainsi que sa force d’expression sensorielle. J’oriente donc ma problématique vers l’étude du dialogue des matériaux sonores avec les matières plastiques dans les arts plastiques et plus spécifiquement leur propension à orienter nos sensations ainsi que la sémantique de l’œuvre abordée.

La problématique centrale de ma thèse issue de cette analyse est la suivante :

- Comment définir l’impact du travail de la plasticité sonore dans une installation artistique au niveau sensoriel et en définitive au niveau du propos même de la production ?

- De cette interrogation en découlent bien entendu d’autres, qui mettent en avant des aspects plus particuliers :

- De quelle manière et dans quel cadre la perception auditive module notre perception visuelle ?

- Comment faire dialoguer les matières sonores et celles visuelles pour en faire naitre un propos artistique ?

- De quelle manière l’acte de malléabilité du sonore, la plasticité sonore, produit-il du sens dans une œuvre ?

- Quand le sonore devient-il une plus value dans le propos de l’œuvre et non une redite soutenant le visuel ?

- Par quels moyens une production sonore engendre-t-elle un déplacement de matière ?

- Peut-on concevoir l’onde sonore comme le prolongement de la main de l’artiste au même titre que l’est le pinceau ?