Un axe de recherche singulier face à la scène artistique actuelle

Au regard des productions sonores actuelles qui gravitent pour un grand nombre d’entre elles autour des sonorités assistées par ordinateur comme le net art ou l’art numérique, je me positionne dans un rapport acoustique, mécanique voire naturel. J’aborde mon travail sonore par le biais d’actions simples basées sur la percussion, le frottement, le craquement, l’éboulement, le ruissellement, la mise en tension, ou encore le pincement. Il s’agit d’actions minimalistes agissant sur des matériaux hétéroclites.

Ces productions sonores sont, soit proposées directement au sein d’une installation, soit réalisées in situ. Dans le cas d’une installation, le processus des opérations aboutissant à la production auditive est dévoilé au public. L’action qui fait émerger le matériel sonore se pose alors comme élément central dans l’élaboration du sens de la production.

A l’inverse, lorsqu’il s’agit de projet in situ, la matière sonore produite dans l’enceinte du lieu est enregistrée à l’aide d’un appareil spécifique captant un large panel de fréquences. L’enregistrement est alors utilisé dans un second temps au sein d’une installation associée à des éléments plastiques en deux ou trois dimensions. Dans cette configuration, la technique de production du matériel sonore est donc laissée au jugement du spectateur/auditeur. La bande son proposée peut interroger soit la technique de production du matériel sonore et/ou se suffire à elle-même en tant que matière sonore expressive.

Que la séquence sonore soit directement émise au public ou qu’elle lui soit retransmise par le biais d’un enregistrement, il est toujours question de mise en actions simples d’éléments, dans le but de produire une matière auditive génératrice de sens.